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Edition spéciale: un cannibale sévit dans les Hautes-Alpes

In Concerts on July 26, 2013 at 1:33 am
Ca balance: 1, 2, 3 violette à bicyclette pouet pouet...excellent!

Ca balance: 1, 2, 3 violette à bicyclette pouet pouet…excellent!

Les concerts défilent et ne se ressemblent pas : on n’aurait pu trouver plus grand contraste que Didier Odieu après une soirée pleine d’élan menée par Jean-Luc Schwartz, lumineux, lors de l’inauguration… Odieu, « chanteur dépressif et sinistre » collaborant de son plein gré à « une morosité générale savamment entretenue par nos autorités» tel qu’il se plaisante, nous entraîne dans un tout autre registre chansonnier. L’ancien rock-punkeur écartèle en effet, démembre, coupe dans la masse à la tronçonneuse de sa voix de garage raclant toute l’ignominie de l’humain lambda qu’il nous présente sans cloche sur un plateau, du show-business, société de consommation et de compétition à nos amours, tout y passe et ce n’est pas sans douleur! La chanson française elle-même passe à la moulinette du grand méchant Didier pour qui celle-ci s’enracine à l’origine dans une joyeuse tradition du sordide, quand elle n’est pas tout simplement carrément absurde (écouter Michel Delpèch ou tout autre chanteur de variété pour s’en convaincre)…

« Fouill[ant] la beauté des poubelles », ordures qui composent selon lui une bonne partie du chaos de notre monde actuel – émeutes à la consommation aux States, bébés congelés ou autres chiens humanivores, des faits divers qu’il me détaille un à un en pleine digestion –, Didier ne chante pas vraiment, je dirais plutôt qu’il contraste, accolant dans son Minimix de la chanson française « Que je t’aime » à « c’est la danse des canards », déblatérant des paroles ignobles sur une mélodie des plus harmonieuses, inachevant ses chansons façon disque rayé.

Mais il faut croire que la soupe qui passe dans nos oreilles et nos mirettes via nos charmants medias nous a quelque peu ramollit les viscères car finalement ce n’est pas si loin d’une bonne petite épopée : « Roland sent bien que sa mort est proche:/ sa cervelle sort par les oreilles. » fredonne-t-on dans La Chanson de Roland

« Gainsbourg industriel, Chamfort traumatisé ou Brel destroy ? Didier Odieu est surtout Odieu «  l’avions-nous décrit…erreur fatale : Didier Odieu est tout ça à la fois jusqu’à ne plus en savoir qui il est lui-même, la preuve:

« tout ma vie j’ai rêvé d’être une hôtesse de l’air »

L’Odieu personnage – oui, il personnage et pas qu’un seul, ç’en est presque effrayant de voir débarquer sur scène sous la même apparence tant de monde, « un mec au piano tout seul pendant une heure, c’est chiant » confesse le coupable. Un Dr Jekyll et Mr Hyde tentaculaire !

Alors certes, les uns trouvent ça indigeste quand d‘autres se délectent, mais on ne niera pas que cela est pour le moins consistant !

A tous bon appétit. Amen (et n’oubliez pas votre prière avant le repas)…

 

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