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Archive for the ‘Mise en bouche’ Category

Et l’orgue de barde a ri ~ par notre experte en musicologie

In Concerts, Mise en bouche on July 29, 2013 at 6:21 pm
Deux barbus à biceps attelés à leurs machines à faire danser les cours de châteaux

Deux barbus à biceps attelés à leurs machines à faire danser les cours de châteaux

Un nouveau concept est arrivé au FestiFaï cette année : l’after à l’orgue de Barbarie ! Il faut dire que c’est l’instrument idéal pour faire chanter et enchanter l’assistance, qui plus est si Séranne et ses acolytes illuminés lui ont préalablement ravie les oreilles.
Rassurez-vous chers lecteurs, il ne s’agit pas d’un instrument de torture mais bien d’un instrument de musique qui, malgré les apparences, est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît. L’orguiste (et pas l’orgasme, je vous vois venir avec vos idées mal placées) doit être de préférence barbu et avoir des biceps d’acier (indispensable !). C’est qu’il faut la tourner la manivelle pendant toutes ces chansons ! Le mouvement de rotation effectué par le barbu permet non seulement de dérouler le papier à musique mais également d’activer une soufflerie. Et lorsque l’air ainsi créé vient se loger dans les trous de papier, cela induit un phénomène de dépression qui va lui-même soulever une soupape, laissant l’air s’échapper par un biseau. Et la note est jouée ! L’audience n’a plus qu’à s’égosiller gaiement sur des chansons française de tout poil ou à se lancer dans une valse endiablée entre deux verres de jus de pomme. C’est ce qu’on appelle une soirée réussie !

[par Marie Calvet]

A table, ça va faner!

In Mise en bouche on July 25, 2013 at 7:32 am
Inspection des cuisines!

Inspection des cuisines!

Depuis plus d’une semaine à présent, l’amarante une plante fort espiègle, taquine de la casserole dans les cuisines du Faï quand d’autres s’amusent d’une guitare ou d’une souche de bois…

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en pleine création de chanson: Ser à la guitare

 

 

 

 

 

 

 

 

 

...en création Land Art: Ser est avant tout un des plasticiens du festival!

…le même en pleine création d’œuvre “naturelle” avec les plasticiens dont il fait parti

 

en pleine création de sauce à lasagnes: Ser au couteau

….et aussi en pleine création de sauce à lasagnes: Ser au couteau!Au faï on est polyvalent ou on n’est pas!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’amarante ? Mais qu’est-ce donc que cette au plante au nom qui nous fait doucement rire ?

L’amarante c’est surtout une plante qui résiste encore et toujours aux envahisseurs (Monsanto entre autre), une belle plante qui cuisine le monde sourire à la langue, Anne-Marie grande manitou d’une « cuisine bio-créative pour papilles libres » !

Bio ET végétarienne : depuis que son mouton préféré a été changé en méchoui lors d’un mariage corse, Anne-Marie n’accepte les chèvres en cuisine que si elles sont vivantes ! Des lardons discount au soja déshydraté biologique, le choc a été rude pour certains….

« c’est bon, mais on aimerait bien un peu de viande quand même…» Philippe du chantier d’insertion, à l’agonie

La consistance de la viande de soja n'est pas du goût de tout l'monde: Eva mangeant son poulet en douce

Eva,la peur au ventre qu’Anne-Marie ne la découvre mangeant du poulet au lieu du “boeuf bourguignon de soja”

Murielle et Anne-Marie discutant sur la consistance de la viande de soja. François au détour d’une réplique : « ah ouais, ça c’est un bon truc pour aider les végétariens à devenir carnivores !»

Et puis le bio, ça a un coût paraît-il. Même si la Ferme du Faï dispose d’un jardin, et de quelques producteurs locaux et/ou biologiques, l’organisation d’un lieu disposant d’un budget réduit pour un accueil qui peut aller jusqu’à cinquante personnes nécessite un peu de temps : « On essaye de petit à petit privilégier les producteurs locaux… c’est vrai qu’à Vaunières [l’autre site de Villages des Jeunes accueillant des chantiers volontaires] ils ont déjà passés ce cap. Il faut simplement le temps de pouvoir mettre en place une telle organisation », explique Luc en charge de l’accueil. « On a déjà réduit la consommation de viande à 1fois tous les deux jours, poursuit Jean-Michel responsable du lieu, pour produire 1kg de viande, il faut 13500L d’eau. Réduire la consommation est aussi un moyen de contrôler nos dépenses d’eau générales ».

Mais même sans viande, il y a toujours du « neuf » dans l’assiette de l’Amarante: « je puise mon inspiration dans des livres » (comme quoi, cet amas de papier et d’encre est parfois encore fort utile en nos temps virtuelo-technologiques), et peut-être également de son éclectisme… Véritable pieuvre des mers méditerranéennes, Anne-Marie connaît ses gammes chromatiques de teintes pour cheveux par cœur, tout autant que l’art des massages et de la mozaïque. Tant qu’il s’agit de créer….et de prendre soin du corps : « Je soigne par l’alimentation, chaque aliment possède des vertus. Le curcuma, mon épice préférée a par exemple des vertus anti-inflammatoires ».

Persil cueilli par Sébastien, maître du jardin

Persil cueilli par Sébastien, maître du jardin

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Le fameux “bœuf bourguignon de soja” comme l’ont appelé les carnassiers du Faï

Le carrot cake

…et le carrot cake pour dessert

Impossible enfin de vous donner une recette précise, elle ne suit jamais à la recette ce qu’on lui dit. Un « carrot cake » au fromage frais et aux noix se retrouve subitement « carrot cake » à la crème de soja et aux amandes sans aucun problèmes à l’arrivée si ce n’est la cuisson : en cuisine, il n’y a pas que la recette ou les ingrédients qui importent mais aussi les outils : le four du Faï qui chauffe environ à la même vitesse que l’escargot qui s’échappe de la feuille de salade d’Hf (on a dit 100% naturel ici !) ne semble pas vraiment satisfaire les besoins de l’Amarante (mais rassurez-vous on arrive à les manger gâteaux au chocolat et à l’abricot, lasagnes et gratins, j’en passe et des meilleures !).

 

Ser à Kate, végétarienne: It must be the paradise for you here, isn’t it?

Kate: yeees, I want her to come with me after the workshop!

Ser: yes, for me too it’s paradise although I’m not vegetarian. I want her to come to Cyprus too! We could share her…?

Kate: But who will pay the flight ticket between Cyprus and Czech Republic?

Anne-Marie concoctera entre autres le repas de ce samedi 27 prochain. Libération des papilles !

…Des noms étranges venus d’ailleurs…

Gomasio : sésame toasté et sel

Azuki : légume sec, petit haricot rouge

Arrow-root : extrait de racine d’un légume sauvage, la Maranta (encore une tiens !), utilisé comme épaississant

Shoyu : sauce soja et blé

Tamari : sauce 100% soja, sans gluten

Tahin : purée de sésame

Chanvre : en graines, toasté, pour les salades

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L’Amarante et Francesca réalisant des panisses, petites galettes de farine de pois chiches frites, originaire du Sud (Nice)

Murielle et la chèvre dont le véritable nom restera à tout jamais inconnu secondent Anne-Marie

Murielle et la chèvre – dont le véritable nom restera à tout jamais inconnu! – secondant Anne-Marie au soleil

One ne parle pas assez du Foulon! ~ par notre correspondante spéciale

In Mise en bouche on July 23, 2013 at 12:14 pm
Ça swingue non-stop au Foulon!

Ça swingue non-stop au Foulon! [photo Marie Calvet]

Le Fou Long ? C’est qui celui-là ? Mais non pas le Fou Long, le FOULON. Ben voui, le Faï par ci, le Faï par là mais détrompez-vous, si toutes les routes mènent (et surtout montent) au Faï, bon nombre d’entre elles s’arrêtent à Veynes ! D’ailleurs, si vous n’êtes pas au courant, pour cause de subventions peu généreuses, il n’y a pas de résidence au Faï cette année. Les artistes se retrouvent donc un peu éparpillés dans l’hostile contrée haute-alpine, et certains ont atterris au Foulon ! (et oui encore lui)

Chères lectrices, chers lecteurs, laissez-moi donc vous présenter ce petit coin de paradis veynois.

Traversez Veynes, quittez la nationale pour rejoindre la route qui longe le Buëch, et lorsque votre œil aguerri rencontre un piano incongrûment perché dans un platane, c’est que vous êtes arrivés à destination ! N’ayez pas peur, approchez-vous, tout le monde est déjà attablé dans le jardin devant salade de lentilles et tome de brebis du Devoluy (miam!).

 

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Vue dessous-dessus: piano sur platane via serre de basilic baï naïte

Mais c’est qui tous ces gens ? D’abord il y a Philippe et Aline, les maîtres de maison, un peu survoltés en ce temps de festival (« non de non, mais il n’a pas bientôt fini de sonner ce téléphone???!!! ») mais toujours disponibles pour partager des expériences, un bon repas, un café artisanal (« ils m’ont piqué ma cafetière !!! » se défend Aline avec humour), ou pour échanger un sourire complice. Continuons notre tour de table : on y trouve des musiciens, un accordeur de piano, quelques bénévoles, une danseuse (que dis-je LA danseuse), l’inventeur du pian’eau flottant, des amis, des poules, une oie (Agathe pour les intimes) et un vieux coq qui n’a pas trop les pendules à l’heure… Certains ne font que passer. Mais que ce soit quelques heures ou plusieurs jours, tout ce beau monde apporte son petit grain de sel et veille au bon fonctionnement de la maisonnée, et surtout (calendrier oblige) du Festi’Faï !

Aujourd’hui, lundi 22 juillet, l’équipe Séranne est arrivée pour des jours de répétition acharnée, les fourneaux ont marché à plein régime pour nourrir les ventres affamés et le rad’eau du pian’eau a été monté en avant-première avec l’aide de toutes les petites mains foulonnaises. Mais après une rude journée de labeur, on oublie la pluie en écoutant dans le salon les musiciens caresser leurs instruments et on admire Monica qui ondule avec grâce au rythme des notes qui s’égrènent dans la nuit…

Et oui, il s’en passe des choses au Foulon ! Ça donne envie, non ?

 

[Un article écrit par Marie Calvet, notre correspondante infiltrée insidieusement au Foulon…]

 

Land Art: matière à discuter

In Entre-vues, Land Art, Mise en bouche on July 22, 2013 at 8:27 am
Human Art [d'une photo de Kate]

Human Art [d’une photo de Kate, “plasticienne”]

  LE LAND-ART,  CEKOUAKCA?

Land art, art végétal, art visuel naturel… : quelle étiquette pour un art hors-champs ? Jérôme Piguet et Marie-Sophie Koulischer travaillent  à l’image de Nils Udo, exclusivement (ou presque !) « dans et avec la nature ». Cette pratique artistique n’est qu’en réalité qu’une infime partie de ce que le terme « Land art » recouvre, un « mouvement » développé  dans les années 1960s et dont les débuts ont peu à voir avec la nature en elle-même.

 

« Dessiner des fleurs. Peindre avec des nuages. Écrire avec de l’eau. Enregistrer le vent de mai, la course d’une feuille tombante. Travailler pour un orage. Anticiper un glacier. Courber le vent. Orienter l’eau et la lumière… » Nils Udo, « Des sculptures dans et avec la nature, in Photographies, n°8, sept 1985.

 

Pour tenter d’en savoir plus sur le Land Art, et surtout le Land Art du FestiFaï, HOrS-foRmAt qui avait l’année dernière interviewé Marie-Sophie Koulischer  a donc choisi cette année une nouvelle proie…

 

Jérôme Piguet!  expliquant la technique du torchis

Jérôme Piguet: aux côtés de Marie-Sophie Koulischer, le voici ici expliquant la technique du torchis à ses “disciples”![photo Abdullah Denizhan]

HOrS-foRmAt: Pourquoi avoir choisi de travailler avec des matériaux naturels ?

Jérôme Piguet: C’est le contact avec la matière qui me plaît : le bois comme je viens de la charpente, les ossements pour leur forme, les plumes aussi. Il y a quelque chose de mystique…

A ce propos, j’ai remarqué qu’il y a chez les artistes du Land Art, soit une problématique écologique, soit une dimension plus magique et spirituelle dans leur rapport à la nature…

Eh bien c’est les deux en même temps souvent. La dimension écologique arrive plutôt avec les artistes de Land Art européens, ce que les américains ne réalisent pas vraiment dans les débuts. Mais je n’ai pas connaissance de ce qui se fait aujourd’hui, peut-être qu’il existe maintenant des artistes américains qui possèdent également cette problématique.

Et toi, dans ta pratique ?

Je ne crois pas en dieu mais je crois à la beauté du monde. Une beauté non dénuée d’horreur : quand une biche se fait bouffer, on ne peut pas dire que cela soit très beau à voir. Et toutes les maladies chez les humains…Et les oiseaux, par exemple, ils ne sont pas du tout sympathiques. J’ai un perroquet gris du Gabon chez moi, c’est un vrai monstre ! Tu vois les espèces de Raptor dans Jurrasik Park, les oiseaux c’est ça, [geste de la gueule avec la pince de la main] c’est des dinosaures qui ont un peu perdu de leur taille. J’aime beaucoup David Lynch par exemple.

Je vois ce que tu veux dire, je me souviens très bien dans Blue Velvet le gros plan sur les fourmis…

Ah, l’oreille coupée avec les insectes qui grouillent autour ! Oui c’est cela,il sait faire quelque chose de très beau tout en montrant discrètement l’horreur par derrière.

 

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“Au lieu d’un pinceau, Robert Morris aimerait utiliser un bulldozer pour réaliser ses œuvres” Robert Smithson

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Spiral Jetty, Robert Smithson, 1970. Photographie Serge Paul, 2006

Robert Smithson et Robert Morris sont deux pionniers du Land Art, héritiers de la vague minimaliste des années 1960. Leurs œuvres sont immenses (c’est de cette époque que vient le terme “Earthworks”): par la distance qu’elles impliquent, elles créent un effet de présence où le spectateur fait parti de l’œuvre. L’idée de la création in situ, le plus souvent en extérieur, et avec des éléments naturels – des éléments “qui n’ont plus rien d’artistiquement spécifique” (Land Art, G. Tiberghien) répond à l’origine à une volonté de ces artistes de redéfinir les cadres traditionnels de l’art (et non à une problématique écologique ou une dimension spirituelle): à cette époque, le lieu privilégié de l’art est encore le musée ou la galerie. Faire sortir l’art de cet endroit, c’est donc également questionner l’essence de l’art même.

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 Recherches-tu également par le Land Art à rendre l’art plus abordable, ou à le sortir de ces galeries un peu comme l’ont fait finalement les premiers artistes rattachés au Land Art dans les années 1960 ?

Je fais du Land Art d’abord par la matière. Quand j’en fait sur les sentiers, c’est pour montrer autre chose que ce à quoi on est habitué de voir, c’est comme des petites surprises. Poser trois cailloux l’un sur l’autre, ça paraît simple, mais parfois c’est très bien vu. Les bouts de bois pourris par exemple, on les oublie, mais c’est vachement beau. Il y a un artiste comme cela, Michel Balzy qui utilise la moisissure dans ses sculptures et le résultat est très joli. Mais mes sculptures ne sont pas destinées à être exposées dans la nature, elles n’y survivraient pas !

Ce serait donc plutôt la nature qui t’aurait amené à l’art, ainsi que ton métier de charpentier, de travail de bois plus qu’une pratique artistique qui t’aurait amené un jour à travailler avec des éléments naturels?

Je ne sais pas, quand j’étais petit, j’aimais beaucoup la pâte à modeler. Puis par la charpente, je suis passé de construire des structures à réaliser des sculptures.

En parlant de sculpture, je suis allée voir l’exposition de l’Office de Tourisme de Veynes, quelles sont leurs particularités par rapport aux œuvres de Marie Sophie?

Les miennes sont davantage des personnages. Il y en a deux que j’aime beaucoup dans ces statues exposées : la première c’est comme un courant de vie, une gueule qui bouffe la vie, qui bouffe tout ce qu’elle peut. La deuxième c’est la sorcière avec sa main recroquevillée, pas tout à fait humaine, un peu singe. C’est une sorcière blanche, qui essaye d’être gentille mais qui s’use de faire le bien.

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“Courant de vie” Bois de cerf, “queue de renard”, terre, billes de verre, osier,… 2012-13

"Vieille Yuna" Amas d'aulne, racines de pin, osier, terre, plastique... - 2011

“Vieille Yuna” Amas d’aulne, racines de pin, osier, terre, plastique… – 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On dirait qu’il y a toute une histoire autour de chacune de tes sculptures…

Oui tout à fait, sans histoire ça m’ennuie. Je crée des personnages, des visages. Dès que tu mets un visage, ça change tout. Quand je travaillais comme animateur dans une réserve naturelle d’oiseaux à St Quentin en Yvelines (“250 espèces environ à deux pas des voitures qui crament dans la banlieue d’à côté: un beau contraste”), je donnais deux punaises – deux yeux- aux enfants en leur demandant « d’ouvrir » le regard.

Et tu n’as pas gardé l’oiseau comme sujet de sculpture?

Non seulement les plumes, les crânes. C’est par la forme humaine que je suis intéressé.

Tu m’as dit que tu aimais travailler avec le bois, les ossements,… as-tu une matière, ainsi qu’une technique de prédilection ?

La terre aussi, surtout la terre « sauvage », naturelle quand je fais du torchis. Ensuite j’y ajoute des fibres pour que, lorsque la terre craque, tout ne s’effondre pas. Et le bois également, mais pas au travers de sculptures directement taillées dans celui-ci : je n’ai pas la patience. C’est plutôt un travail de modelage. Je préfère car tu peux tout le temps revenir dessus. J’utilise aussi les techniques de la couture et la vannerie de temps à autre.

Et ensuite, tu y a en partie répondue mais comment, pour toi, se déroule  la création d’une œuvre ?

Elle se fait à partir de ce que je trouve. Je ne pars pas d’une idée. A partir d’un bout de bois, ou de la forme particulière d’un rocher par exemple, il me vient l’envie d’y faire quelque chose. Je travaille en accumulant des objets. Et au fur et à mesure que je les dépose, il y a soudain deux trucs qui vont ensemble, tu vois des liens qui se forment. Il y a parfois de mes œuvres qui durent deux ou trois ans, le temps de trouver la rencontre opportune.

Est-ce que tu pratiques également cette phase de balade-récolte qu’on voit chez certains artistes  Land Art ?

Oui quand je collecte des matériaux…une ballade une œuvre…oui, j’aime bien cette idée. Je fais ça dès fois au sein de mes workcamps, lorsque l’on restaure des sentiers : on voit une souche ou un rocher intéressant, on s’arrête et on le met en scène.

La ballade de collecte, c’est un peu comme la marche indienne pour la fabrication de l’arc : tu commences par jeuner, puis tu te mets en route, tu attends qu’un arbre t’appelle, ou de trouver les matériaux nécessaires. C’est faire des rencontres.

 

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“No walk, no work” Hamish Fulton

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“Quand j’étais dans ce bois en Allemagne […] je me suis trouvé confronté à la question de savoir comment vivre dans quelques hectares de terrain. C’est aussi une façon de se confronter à soi-même. On part pour un région intéressante, et on finit par perdre le sens de soi. Au contraire, si on se confine à une région plus étroite, on se trouve beaucoup plus directement confronté à soi-même. Dans les deux situations, il faut s’abandonner à l’endroit.” H.Fulton, Des Pierres levées et des oiseaux chanteurs en Bretagne

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En parlant d’arbre,  Nils Udo évoque cette sensation de devenir arbre devant un état du ciel particulier. Je serai curieuse de savoir si toi aussi tu as déjà eu cette même sensation?

Pas vraiment… Ah c’est marrant, justement il y a peu j’étais à la célébration de l’anniversaire d’un prof de science naturelle passionné, très érudit et il m’a donné un bouquin : « Comment parler avec les arbres ». Comme quoi même les scientifiques reconnaissent qu’il n’y a pas que rationalité pure dans le rapport à la nature. Bon, je ne parle pas aux arbres, mais oui, j’ai des copains arbres. Tu vois le T à l’entrée du Saix avec la route qui part d’un côté à Chabestan et l’autre qui retourne à Veynes ? Il y a ici un très vieux poirier tout pourri, j’aime bien le saluer quand je passe. J’ai toujours pensé que les arbres sont les alliés de l’homme sur terre, qu’ils nous apprennent beaucoup. Par contre, si je connais les arbres et les plantes, je suis content d’être humain : il y a quand même quelque chose qu’ils n’ont pas, la pensée, l’imagination… enfin on ne sait pas vraiment…

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Nils Udo, Tilleuls, Sorbes, Aix-la-Chapelle, 1999

 

“C’est finalement au moment où le ciel sombre s’abaisse sur le paysage et où la pluie ramollit la terre que l’on a le plus de chance de devenir un arbre (cette sensation existe, je suis réaliste).”

Nils Udo

 

 

 

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Le Land Art travaillant avec des matières qui changent selon le temps, y a-t-il une saison que tu préfères ?

Oui, après le 15 août, c’est la cinquième saison chinoise. En Chine, ils ont une manière de séparer les saisons beaucoup plus juste je trouve. En Chine le printemps commence vers le 12 février. Vers le 15 août, c’est une saison intermédiaire où les énergies fluctuent, où c’est mieux de ne pas faire grand-chose, les herbes repoussent un peu, les oiseaux rechantent un peu. Et puis il fait moins chaud et il y a moins de touristes !

 

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Heman Prigann, Spiralberg

Heman Prigann, Spiralberg

“Ma compréhension de la nature, diffère de la définition occidentale classique dans la mesure où je suis absolument certain que nous ne faisons pas vaguement partie de ce que nous appelons la nature, mais que nous en faisons absolument partie. Ainsi ma définition de l’art ne voit pas la nature et l’art comme opposés, car je comprends l’art comme appartenant intégralement à la vie sociale de l’homme. L’art n’est pas un extra, ce n’est pas du sucre glace sur un gâteau, ce n’est pas un décor, un embellissement ou quoi que ce soit de ce genre, mais c’est une partie intégrante de notre histoire culturelle.”

Herman Prigann, dont les œuvres sont comparables en ampleur aux débuts des années 1960s, mais où survient également une problématique écologique et humaine.

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Et enfin, pour parler un peu du thème de la création plastique du FestiFaï cette année, « Faire tout avec rien »…

Et ben c’est bien parti ! [Jérôme Piguet jetant un regard vers le G. s’activant à la réalisation de l’œuvre collective]

En fait c’est un peu ce qu’on fait toujours dans le land art : créer quelque chose avec les matériaux que l’on trouve. Et Villages des Jeunes [association déléguée régionale de “Solidarités Jeunesse” organisant des chantiers internationaux à la Ferme du Faï, membre indispensable du festival] c’est tout à fait ça aussi; donc finalement, ce thème, il n’est pas nouveau !

 

 

[Propos recueillis par HOrS-foRmAt. Ensemble des citations et des explications issues de l’ouvrage Land Art, Gilles A Tiberghien, Dominique Carré éd., 2012.]

La page pipole du dimanche

In Mise en bouche on July 21, 2013 at 9:24 pm

Au Faï, fait affreux totalement véridique, nous ne captons point TF1 (souffrance atroce et atroce souffrance…Et on vous passe les détails…).  HOrS-foRmAt a décidé de pallier à ce cruel et terrible manque qui nous affecte tous au quotidien. Voici donc la page pipole du dimanche soir, une page dédiée aux stars de chez nous, des sôvageuh Hôteuh-zalpes du Süd où il ne pleut jamais (ou presque).

Nous recevons ainsi en ce dimanche 21 juillet, la fameuse star cachée du Faï: rien à voir avec la tripotée d’artistes déglingués qui débarque pendant les deux semaines du festival, la star du Faï se dissimule aux regards des curieux indiscrets et vit sa vie de star telle une star.

MAIS QUI EST-ELLE DONC CETTE STAR?? vous demandez-vous évidemment tous…suspension extrême et tension intense *roulement de tambour façon volontaire du Faï déchaîné*

Exceptionnellement celle-ci accepte donc enfin pour nous rien que pour nous, de se dévoiler fougueusement en ces lignes non moins fougueuses (palpitant, isn’t it…). Entre quelques photos de son dernier défilé et celles de son quotidien, elle répond à Hf.

 

 

ET LA VOILA!

ET LA VOILA!

 

HOrS-foRmAt: Alors Bella, dîtes-nous donc, d’où viens d’abord cet impromptu changement de nom? Il me semblait pourtant que vous portiez l’année dernière ce doux et charmant patronyme de Lady Gaga? Est-ce un choix personnel?

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Hf: Je vois, c’est fâcheux en effet… La cohabitation semble plutôt compliquée si je comprends bien?

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Hf: Tout à fait, tout à fait. C’est certain que griller des saucisses d’agneau devant votre nez de chèvre, c’est un peu gonflé. D’ailleurs, en parlant de nourriture: nous avons appris qu’une nouvelle cuisinière était présente spécialement pour FestiFaï… Est-ce compatible avec votre régime?

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Hf: Intégralement végétarien…ça doit être bon pour éviter la cellulite ça non? Je suis assez impressionnée par la fermeté de vos membres et le lustre de votre poil, je dois dire! Quel âge avez-vous déjà, si ce n’est être trop indiscret?

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Hf: C’est donc de là que vient cette vigueur incroyable…eh bien on vous souhaite que du bonheur!  Et maintenant, place aux images…

 

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[nous remercions vivement Closer de nous avoir fourni une source d’inspiration sans bornes et au-delà de toute limite imaginable]

 

 

 

Prélude baptisé au brut

In Concerts, Mise en bouche on July 21, 2013 at 12:49 pm
Florian et Gaspard aux guitares, Alisa à la voix dans la Menuiserie du Faï

Florian et Gaspard aux guitares, Alisa à la voix dans la Menuiserie du Faï [photo Suzanne Gignoux]

Deux lampes hallogènes, des chaises d’écoles et la nuit qui s’invite par les ouvertures de la Menuiserie du Faï. Installés devant le piano droit et la verticalité des murs, Gaspard Panfiloff, Alisa Ignateva et Florian Vella. Le rectangle de lumière qui se détache de la nuit tombée rentre maintenant par courants d’airs et désaccorde les guitares : c’est une double première pour le lieu comme pour les musiciens. Mais ils n’ont pas l’air de trop se formaliser des murs nus, bruts de la Menuiserie, les trois balladeurs, qui, pris en stop par leurs propres spectateurs trois heures avant le concert célèbrent pourtant aussi ce soir le première de leur formation à trois !

Jouant ensemble ce samedi 20 juillet pour la première fois, Gaspard, Alisa et Florian n’ont pas l’air non plus de trop s’inquiéter de l’enchaînement de la soirée, confiant avoir répété simplement « quatre jours avant » : « on s’était déjà croisé une fois, mais on n’avait jamais vraiment travaillé ensemble. J’ai pas mal travaillé de mon côté avec Gaspard et lui a beaucoup travaillé avec Alisa. On a collé les morceaux », plaisante Florian.

Et en effet, ça manque parfois de liant entre les trois, mais il y a l’écoute entre eux, l’écoute par le regard, les regards de la main, de la main d’Alisa qui raconte mains sur les hanches ou de sa main qui suit les mouvements de la voix, de la main qui se jouent des instruments : « à la balalaïka on joue beaucoup avec le pouce, c’est une position assez naturelle et par rapport à la guitare, cela donne beaucoup plus de liberté. Du coup, quand je joue de la guitare, je joue énormément avec le pouce, ça permet de faire plein de trucs », explique Gaspard, dont le pouce ne possède visiblement pas que des dons d’auto-stoppeur!

 “La Balalaïka” par Gaspard

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C’est un instrument à 3 cordes (deux mi et un la), et qui possède pourtant une richesse sonore incroyable. On peut jouer soit avec le pouce sur les deux cordes de mi, pour ne faire que deux notes, deux voix : l’une est la mélodie, l’autre accompagne. Ou bien, on peut garder trois notes lorsqu’on joue avec le pouce.

 Il y a six tailles différentes de balalaïka. Il y a celle-là qui est la prima, ce sont les plus courantes, elle est souvent la soliste. Il y en a une plus petite la piccolo, et ensuite la secunda, l’alto, basse et contrebasse.

Il y a des orchestres entièrement composés de balalaïkas, parfois jusqu’à 80 musiciens. Ça a été très développé en Russie, dans tous les conservatoires il y a de la balalaïka et il y a des gens qui écrivent pour cet instrument. Ici ce n’est pas très connu mais les gens aiment beaucoup.

Hf: j’ai l’impression que ça ressemble beaucoup à la mandoline que vous avez mentionnée lors de la tarentelle que tu as interprétée à la balalaïka faute de mandoline en question…

Au niveau du timbre, la mandoline se joue avec un médiator, alors que la balalaïka ne se joue qu’avec les doigts. Il y a plein de techniques qu’on peut réaliser avec les doigts et on peut vraiment faire plein de sortes de timbre, de sons différents. Il y a énormément de nuances. C’est ce que les gens disent – moi je répète ce qu’ils disent parce que je ne sais pas si je suis encore très objectif là-dessus-, mais il y a plein de gens qui sont étonnés de la multitude de sons qu’on peut produire, les différences et tout ce qu’on peut faire avec. Par rapport à la mandoline je trouve qu’il y a un son plus constant. Sur la mandoline les cordes sont toutes métalliques et elles sont toutes doublées (4 cordes qui en font 8).

Hf: d’où vient du coup la richesse de timbres s’il n’y a que trois cordes ?

 Ça vient de comment c’est foutu et comment on joue. Et parce qu’il y a des mecs un peu géniaux et dingues à la fois qui se sont penchés sur le sujet. Au début c’était un instrument assez rudimentaire ; maintenant, ça fait à peu près une centaine d’année que ça a été modernisé et amélioré. Le premier qui a fait ça a trouvé ça génial, il a travaillé avec des luthiers et a joué partout dans le monde. Depuis, c’est enseigné dans tous les conservatoires en Russie. Tous les instruments traditionnels y sont beaucoup développés : il y a l’accordéon russe aussi – le bayan. Il y a plein d’autres instruments traditionnels même si la balalaïka reste l’instrument russe par excellence.

Hf: mais pour revenir aux possibilités qu’offre l’instrument, on pourrait très bien imaginer une recherche similaire sur la guitare par exemple ?

Je joue des deux, et je sais que la balalaïka, ça a quand même un son et un effet sur les gens que n’a pas la guitare. J’ai pu vraiment le constater ! Déjà parce que c’est peut-être un peu exotique mais pas seulement, il y a aussi le son. J’ai fait des concerts avec uniquement des instrumentaux de balalaïka, avec des spectateurs qui ne sont pas forcément amateurs et qui n’écoutent pas forcément de musique et qui restent captivés pendant 2h à écouter uniquement de la musique instrumentale pas évidente à écouter parce que justement c’est un instrument avec lequel on peut faire plein de trucs différents, qui offre une grande liberté.

La connection Alisa- Gaspard

Circulation des énergies: Alisa et Gaspard

Et de la liberté, il y en a, et surtout du mouvement. On est assis et mus à la fois, on aimerait presque sauter de notre chaise, se mettre à danser la tarentelle ou le tango, mais il y a quelque chose de captivant dans le rythme des doigts qui frottent les cordes, et les accents de la voix :  le chant d’Alisa, c’est la flamme d’une bougie dans une chaumière qui lutte contre la rudesse de l’hiver, la flamme d’une bougie qui tinte les verres des rires d’une taverne, la flamme tortuée de la passion et bien souvent de la passion amoureuse: « In all folk music, it’s all the same stories, about love, poor people who work hard everyday,….We chose to sing these songs because each of them is a story and has been sung for a long time by many different people, it has a lot of emotion inside. […] I feel that all musicians draw from folksongs first, then they make their own. Florian, who sings Napolitan songs has his grandparents who live in Sicilia, and I said to him “teach me, tell me about these people, what they do, how they live and what are their problems. I must know what people give to this music, I need to know the story.

Si l’on sent qu’il y a quelque chose de mouvant justement pour les italiens du public venus en force ce soir à l’écoute de chansons de Florian, la matière dans laquelle puisent les chansons qu’ils interprètent « parlent » autant à l’allemand qu’au hongrois ou au français : « When I’m singing Russian songs without translation, everybody feels something ».

Quelqu’un parle de sa mère. Un Allemand de toute évidence. […] Comme une jeune fille qui tresse des fleurs ; songeuse, elle essaye fleur après fleur, sans savoir ce que l’ensemble sera. Ainsi lie-t-il ses mots. Plaisir ? Douleur ? Tous sont suspendus. Et celui qui, dans la bande, ne connaît pas l’allemand, le comprend soudain, sent quelques mots: « Un soir…étais petit.. »[…] Car ce que l’un raconte, ils l’ont eux aussi vécu et de la même manière. Comme s’il n’existait qu’une mère…[…] On se tait à nouveau mais la lumière des mots leur reste.

Le lai de l’amour et de la mort, R.M.Rilke [trad. AA et VM]

 

Cette matière, qui remonte aux traditions orales du Moyen Age (au moins !) c’est quelque chose qui “se perd beaucoup aujourd’hui“, nous répond Florian lorsqu’on le questionne à propos du choix de ce type de musique, tantôt reléguée à la poussière d’armoires craquelées, tantôt prises en otages par l’habit national (« folk » désignant le peuple) : « il y en a qui ne sont même plus jouées en Russie, elles disparaissent et du coup…C’est intéressant. Ce qui importe vraiment pour nous, c’est d’avoir capté l’âme de la musique, ses subtilités. Une fois que c’est ancré, c’est quelque chose qui me touche et que je comprends un petit peu, qu’on comprend tous. Ensuite, on essaye d’en faire d’autres choses, avec des influences du type jazz ou d’autres genres de musique qu’on écoute ». En effet, Gaspard taquinant non seulement son instrument mais aussi sa chanteuse, lui emprunte subrepticement son Ipod pour interpréter un chant tzigane qui en devient tout de suite des plus captivants…(et vous qui pensiez bêtement qu’un Iphone servait à photographier, écouter de la musique, surfer sur internet, et… ah oui téléphoner !)

Alisa, Gaspard et Florian semblent bien décidé à faire circuler et voyager cette matière musicale traditionnelle, une musique abrupte mais généreuse, fragile et puissante à la fois, une musique nomade, forgeant ses propres sentiers d’un pays à l’autre sans se soucier des frontières.

[Ils partent d’ailleurs dès demain relier les refuges des massifs des Ecrins et de l’Oisans, pour les suivre c’est par ici!]

 

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“I’ve no more words” (Ser, David et Silvia, membres du public apparemment conquis! ) [photo Suzanne Gignoux]

 Maria de Buenos Aires, tango argentin pour la première fois porté sur scène en 1968 par Horacio Ferrer et Astor Piazolla, ici interprété par Gaspard Panfiloff, Alisa Ignateva et Florian Vella dans la Menuiserie du Faï.

Objectivement, ces lasagnes furent très bonnes!

In Land Art, Mise en bouche on July 20, 2013 at 4:26 pm
La team lasagnes au complet!

La team lasagnes au complet!

 

Entre deux parts de lasagnes aux pâtes fraîches, Marie-Sophie qui se trouve être voisine de table de Hf, nous fait des révélations grandioses et terribles sur ses « plasticiens ». Comme Hf était en pleine dégustation des lasagnes magnifiques d’Anne-Marie, nous avons laissé la parole libre à Marie-Sophie sur le dur travail d’ « accoucheur d’œuvre »: être artiste c’est du boulot, mais faire « accoucher une œuvre » n’en est pas moins ardu !

 

MSK à Hf mangeant d’une fourchette et écoutant de ses deux oreilles :

Devant leurs idées, j’essaye d’être objective, de ne pas donner mon avis. C’est l’intention qui est importante. Je ne peux pas me permettre de juger, j’ai un avis c’est certain mais je ne peux pas le manifester. Par contre, je peux faire des suggestions : il y a aussi peut-être des choses qu’ils ne connaissent pas par rapport à certaines techniques comme l’utilisation des couleurs pour produire les contrastes, etc. Mais je ne vais pas dire « ah moi je verrai bien ça ici avec ça », ce serait faire à leur place. Et dès fois ce n’est pas évident, surtout en anglais, où je ne dispose pas des nuances pour m’exprimer. Du coup je suis plus directe.

Couche de lasagne terminée, Hf entame le melon.

On va les voir, on leur demande pourquoi ils ont choisi ce lieu, qu’est-ce qu’ils imaginent et pourquoi ; ce qu’ils veulent exprimer. Il y en a qui sont un peu perdu, qui n’ont pas trouvé d’accroche, ils ne savent pas quoi faire de plus que le lieu. Alors on leur pose des questions, et en discuter permet de préciser leur intention. C’est l’intention qui est importante, après on peut leur apporter des techniques, des connaissances artistiques et techniques qu’ils n’ont pas forcément.

Et pour la digestion enfin, une petite tisane d’Hysope du jardin.

Ça ne m’embête pas de ne pas participer à la création. J’aime beaucoup voir naître, c’est très intéressant, voir une chose qui éclot.

“Faire tout avec rien”, ou presque!

In Land Art, Mise en bouche on July 19, 2013 at 2:17 pm

 “We are going to make a big artwork together in a very boring place. We don’t know yet what it’s supposed to look like. And the place is not inspiriting at all!” (Daniela, professeur d’histoire et philosophie à Dresde, membre des plasticiens au Faï)

 

Première étape de l'oeuvre: collecte des souches

Première étape de l’oeuvre: collecte des souches [photo Abdullah Denizhan]

Jeudi 18 juillet après-midi, arrivée devant l’œuvre collective prévue par Jérôme Piguet et Marie-Sophie Koulischer: située devant le Fachia Tout – le bistrot du Saix – à la fois point d’arrivée et de départ de la balade des arts naturels dont la première aura lieu vendredi 26 de nuit;   cette œuvre a vu son aspect se décider le matin-même à 9h pour s’achever à 19h : un ten hour-art-shot, né de rien ou presque…

HOrS-foRmAt: d’où vous vient l’idée de cette réalisation ?

Marie-Sophie Koulischer – l’idée nous est venue des souches que Jérôme a repéré ce matin dans un champs et a réussi à collecter.

Jérôme Piguet – dans la création, il faut toujours une contrainte. On est parti de cette contrainte : réaliser quelque chose avec ces souches à l’endroit défini [un petit carré d’herbe délimité par un mur de pierre sur un de ses côtés, du grillage sur le côté adjacent, le reste ouvert sur le parking du Fachia Tout].

[ à MSK] Ca me fait penser à une œuvre de Goldsworthy avec les troncs. Enfin à peu près…il a du mettre quelques heures de plus je crois…

 

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Hf: et un travail collectif comme cela, ce n’est pas compliqué à mettre en place ?

MSK- ça dépend des participants, il y en a qui n’ont pas de problèmes à travailler en groupe, d’autres qui sont moins à l’aise.

JP-  non, s’ils n’étaient pas ce groupe-là on aurait été en difficulté, on aurait rien fait de spectaculaire [dimensions prévues pour l’œuvre : 2,50m de haut pour 5 m de large]. Quand on est tout seul, il est souvent difficile de réaliser des œuvres d’une telle ampleur. C’est énormément de boulot.

Et puis là c’est un groupe super, des gens intelligents, cultivés. Et on est dans un lieu parfait : la rivière est pas loin, les souches [matière de l’œuvre en question] sont au bout du champs et on a un bar à côté, que demander de plus!

 

Détail du serpent végétal de

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Hf: et qu’il y ait une proportion plus importante d’amateurs que l’année dernière, ce n’est pas gênant ?

JP- Non, c’est même mieux, les vrais artistes c’est chiant, ça travaille seul et ça a dû mal à se mettre d’accord!

 

 

Des habitants du village observant les travaux finis avec certains des plasticiens

Des habitants du village observant les travaux finis avec certains des plasticiens avant que la pluie tropicale quotidienne des Hautes-Alpes ne s’abatte [photo Abdullah Denizhan]

…et le piano alors s’envola…

In Mise en bouche on July 17, 2013 at 7:11 pm

« Il y a deux attitudes : notre culture de l’écrit où on assiste à un évènement et on en montre les photos, et où probablement un type avec une plume écrira « et le piano, alors, s’envola dans les airs… » *geste ample de la main, regard qui le suit et se perd lyriquement vers le ciel déclinant de ce mardi seize juillet deux-mille treize*. Et une culture de l’oral, où le type raconte. »

(De retour au Faï, François me demandant les photos du fameux envol de piano)

 

HOrS-foRmAt (HF pour les intimes) vous conte le tout, à l’écrit…

Se faire photographier devant un rideau de vélos volants: la classe internationale

Se faire photographier devant un rideau de vélos volants: la classe internationale

 

Ciel bleu, soleil. Mardi 16 juillet et 16ème étape du Tour, 8h du matin, route principale de Veynes.

Pendant que le chaland patiente à l’ombre d’un soleil à vous griller net la cuisse sans même besoin du barbecue de la CGT installée sur le trottoir d’en face ; il y a Michel, Jean-Mi, Philippe et puis Aline, pas à bicyclette comme le chante Yves Montand mais plutôt montant vivement (sans chanter mais enchantés) des bicyclettes sous le piano perché du FestiFaï – ce fameux piano bleu qui depuis 3 ans maintenant grimpe chaque été aux arbres veynois en l’honneur du festival –. en une voile de vélo, pianos, trottinettes, cymbales, accordéons, roues et autres objets volants tout à fait identifiés…

 

Le pouvoir du langage

Né d’un mot bien tombé au bon moment (et dans la bonne oreille), l’idée de faire défier la gravité à ces instruments d’ô-delà atteint d’un coup de pédale n’a pas eu besoin de neuf mois pour voir le jour. Sur évocation du passage des pianos perchés au JT pour l’étape veynoise du Tour 2011 lors d’une présentation de FestiFaï 2013 au Dauphiné Libéré, le projet a finalement grandi en moins d’une semaine : pas le temps de tester l’installation, on improvise sur place car« FestiFaï : c’est hors-format ! ».

 

Michel l'envoleur de pianos vue d'une cymbale

Michel l’envoleur de pianos vue d’une cymbale

 

 

 

l'infernal objet et ses auteurs: (très) gros plan

l’infernal objet et ses auteurs: (très) gros plan

 

 

Objets prêts au décollage

Objets prêts au décollage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bleu Azur...

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Alors, c'est qui qui y est le plus bleu? Le piano FestiFaï est un grand joueur, il aime mettre les éléments au défi...!

Alors, c’est qui qui y est le plus bleu? Le piano FestiFaï est un grand joueur, il aime mettre les éléments au défi…!

 

 

L’ombre d’un piano qui s’éloigne lentement au sol. Rayons de soleil et rayons de roues s’alignent. Il est midi.

4h et l’équivalent de 800kilos liés à la ficelle – composés de 13 vélos, 2 trottinettes et 2 pianos, 4 cymbales, 1guitare, 2 accordéons, un condor rouge et or de papier, 2 tambours, quelques roues et une banderole – plus tard, on hisse enfin haut la voilure de FestiFaï suspendue au bras-grue du camion de Michel, charpentier et envoleur de pianos de son état.

 Philippe : « J’aime bien regarder le Tour de France, mais seulement à l’ombre d’un piano »

 

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La Caravane passe et on n’crie pas, on lève les bras pour la lessive Xtra

On aurait presque envie de chanter « Tu t’envoles » de Peter Pan, mais les p’tits hommes verts de PMU montés sur faux canassons auraient peut-être été vexés qu’on leur pique leur couleur, allez savoir…Il est 14h maintenant et la Caravane passe avec acclamations : sur la route, le spectacle commence enfin.

Monte décrocher le Soleil,
Rêve dans un demi-sommeil,
Tourne, tourne dans le vent,
Surplombant la planète argent,
Décolle et batifole,
Tu t’envoles, Tu t’envoles, Tu t’envoles

 

[Tu t’envoles- Peter Pan, adaptation spéciale Tour de France/FestiFaï]

Le Capitaine Crochet

Le Capitaine Crochet [photo by Aline]

Pendant plus de 30 minutes on collecte saucisson, lessive, chapeaux, porte-clefs, madeleines, bonbons, journaux, sirop, choses non identifiables au son de « give me everything tonigth » et « ils m’entraîneeent au bout de la nuit, les démons de minuit » (ah la bicyclette d’Yves Montand est décidément bien loin)… Entre cochonou et courtepaille, le ministère de l’intérieur en voitures de police nous fait même un p’tit coucou.  La récolte est en tous les cas fructueuse, mais toujours point de deux roues à l’horizon, ni d’ailleurs de caméra…

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Michel et courtepaille

Philippe qui s'en met plein les poches

Philippe, organisateur de cette FestiFaïllite qui s’en met plein les poches!

Picsou passe devant la pompe à pognon créée pour l'occasion...

Picsou passe devant la pompe à pognon créée pour l’occasion…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« il vous aurait fallu un gros logo PMU et c’était bon » (Hugo)

Certains chars s’arrêtent tout de même entre deux lancers de madeleine ou de lessive  dont Courtepaille qui nous gratifie d’un « ça fait plaisir de voir les artistes qui s’impliquent aussi » ou de Belin « Et regardez l’architecture, c’est sublime, allez les Veynois tous les mains en l’air ! ». Et de repartir de plus belle : « give me everything tounaïite ».

Du grand spectacle, on vous dit.

 

 

Pris sur le fait en train de nous photographier!

Un paparazzi nous mitraille entre deux lancers de madeleine

 

Les trains, les sons et les couleurs se répondent : nouvelles correspondances

Et les coureurs dans tout ça? Les trains défilent, mais niveau vélo c’est toujours zéro. Heureusement une équipe de volontaires descendue en renfort de la Ferme du Faï –haut-lieu du festival- nous chauffe le public au son d’une composition percu déchaînée…

Et là, enfin ! Le peloton débarque : c’est joli avec la vitesse ça fait l’effet d’un tableau impressionniste. D’ailleurs 2 secondes plus tard, notre œil est rendu au gris du bitume et au bleu du ciel. Quinze minutes après, on a le droit à deux secondes de bonus roulant. Et puis, plus rien.

La route vide, grand désert sous le chaud soleil des Hautes-Alpes, semble soudain nous faire signe : c’est qu’il est temps d’aller boire une bière bien fraîche au Pmu du coin se remettre de ces émotions sportives !

FestiFaï pendant ce temps ne chôme pas et descend sa voile : elle se lèvera mardi prochain sur une véritable embarcation cette fois, le piano flottant de Voël et une envolée d’émotions quelque peu plus musicales…

 

IMG_7628IMG_7650[Photo by Christi]

Remerciements éternels à Véronique O., qui d’un mot a fait naître cette idée de bric-et-de broc et tout à fait « sublime » (Belin).