lagazetteafacettesdufestifai

Archive for July, 2013|Monthly archive page

« Faire tout avec rien » pour que la beauté ne fasse pas faillite

In Concerts on July 31, 2013 at 11:38 pm
"La chorale du Buëch" par Didier Odieu

“La chorale du Buëch” par Didier Odieu: bel ensemble!

Non, « faire ensemble par-delà les cultures » n’appartient pas à une quelconque utopie. Malgré la perte des ¾ de ses subventions, FestiFaï, festival de chanson hors-format et d’art en pleine nature- est parvenu même cette année à faire jaillir de rien le tout, à saisir la beauté d’un instant, à faire jaillir des bulles de son bouillonnement. Dépourvu de sa résidence de création, «l’âme du festival » qui offrait toutes les conditions nécessaires à la réinvention, au renouveau, autrement dit à la création ; FestiFaï s’est pourtant trouvé d’autres voix, celles de la « passion et la solidarité », celle d’une « céleste bidouille qui fait pétiller l’œil de l’enfant ».

« Faire ensemble », c’est p…as si simple !

 C’est sur ces mots prononcés par François Pecqueur, qu’a débutée la soirée de clôture de l’édition 2013 du festival, ce samedi 27 dernier au sein du Théâtre de verdure du Faï gradins de pierre et d’herbe, étoiles jouant avec les projecteurs, eau bleue pour seule scénographie de ce co-plateau. Et un challenge : « Je n’ai jamais joué dans de telles conditions, converse Olivier l’Hôte en anglais avec l’un des jeunes volontaires du lieu, dans cette contrainte de temps, sans mes musiciens…les musiciens ont dû répéter 25 chansons que pour la plupart ils ne connaissent pas ». En dix heures de temps, catapultés dans un lieu quelque peu détonnant (La Ferme du Faï, lieu d’accueil de chantiers internationaux), les artistes ont dû composer une scénographie ensemble constituée d’un choix de textes de chacun des chanteurs, exercice qui semble demander  plus que des qualités de musicien : « il fallait un « dictateur », quelqu’un qui puisse prendre des décisions rapidement”, commente Jonathan Mathis, arrivé le samedi midi banjolélé sous la main et lunettes de soleil sur le nez (jusque-là rien de plus normal !), tout à fait détendu mais efficace !

IMG_1284

Didier Odieu, Olivier l’Hôte, Philippe Séranne, Vanina Michel

IMG_1306

Jonathan Mathis, Philippe Séranne et Olivier l’Hôte

Jonathan Mathis et Mickaël Paquier

Jonathan Mathis et Mickaël Paquier

« It’s all about the text »

Le ton oscille sur le thème de la (festi)faillite, ce qui n’empêche la rage de rire, de sourire, d’envoyer tout valser sauf rêve et élan: « j’ai envie de danser aussi » s’écrie ma jeune voisine lorsqu’une sirène – Monica Cofiño, danseuse espagnole – entre dans l’eau bleutée accordée à la voix d’Olivier l’Hôte. Le vent feuillette les partitions.  Pascal Mathieu, nous susurre des poèmes d’amour saignants à souhait, tout crus et croustillants. Didier Odieu, beaucoup plus digeste et non moins savoureux avec un Philippe Séranne très engagé orchestrent tour à tour le show. Vanina Michel, enfin, « déclare l’état de bonheur permanent ». Les textes retentissent : « je ne sais pas si c’est le cas pour toute la chanson française, mais ici, au FestiFaï, c’est au niveau du texte que tout se joue » perçoit Sniedze, venue de Lettonie pour la résidence Land Art du festival. Mais on ne laisse pas l’histoire sans rythme : Jonathan Mathis, dionysos des instruments bizarres et (presque) inusités et Mickaël Paquier, l’Apollinaire de la percu, font vibrer l’espace à ciel ouvert jouant de l’écho de la falaise comme d’un instrumentiste supplémentaire (celle-là au moins, elle râle pas quand on ne la paye pas!).

IMG_1301IMG_1346IMG_1315

Une Festiréussite ?

Et si le public se fait plus discret – une centaine d’entrée -, ce sont surtout des échanges que s’est enrichi FestiFaï, permis notamment par l’organisation pour la première fois cette année d’ateliers et de stage, ainsi que d’un fonctionnement participatif global : point de tour d’ivoire dans ce petit lieu perché à 1000m d’altitude, tout le monde y fait sa vaisselle. Ainsi ne consomme-t-on ici que la bière et le jus de poire : culture revenue à son état naturel pour quelques jours, l’art s’y nourrit de rencontres. On y croise Didier Odieu discutant avec un volontaire long-terme, certains des plasticiens jouant de la musique avec des bénévoles,…Je rencontre quant à moi un spectateur venu des Amériques pour découvrir la France, qui m’explique que : « dans le Michigan, les fermes ne ressemblent pas vraiment à celle-ci». On veut bien le croire…Seuls les techniciens ne sont pas encore revenus de leur rangement, mais on cause déjà d’eux dans leur dos : « Le son et la scène étaient vraiment bien foutu » (Sertunç, plasticien).

Olivier l'Hôte se marrant, en spectateur

Olivier l’Hôte en spectateur, l’eau bleue-tungstène pour décor

Alors au diable le chiffre d’entrée, on envoie tout valser  – « alors on danse » comme chante Didier Odieu pendant que le public débarque sur la scène (sur des paroles d’un collègue belge que vous aurait surement reconnu)…mais en toute conscience : on sait bien que la rencontre ne naît pas seulement d’amour et d’eau fraîche…

Advertisements

Ephèmère le Land Art?

In Land Art on July 31, 2013 at 8:53 am

IMG_1163IMG_1254

je n’aurais jamais pensé que ma sculpture traverse les âges! j’aurais tant aimé venir cette année pour admirer les œuvres que l’on découvre ici et la en arpentant la contrée habitée par le chant des musiciens en osmose avec leur instruments et la nature! Je vois que Jérôme continue le land art avec tant de cœur! Je pense revenir l’année prochaine! haha ça me fait plaisir de voir combien le chaudron déborde encore d’idées! vous m’avez fait sourire. Merci!

Idriss

Idriss B. à mi-chemin entre l’art et école de kiné, a participé avec d’autres volontaires internationaux pendant le FestiFaï 2012 à la création de statues de torchis guidée par Jérôme Piguet, et installées le long du chemin menant au Faï. Certaines ont été balayées par les pluies abondantes de ce printemps, d’autres ont résisté…

“Nous avons tous des racines différentes…

In Land Art on July 31, 2013 at 8:42 am
IMG_1206

L’œuvre collective et leurs auteurs devant Le Fachia Tout (Le Saix)

Dans le cadre de FestiFaï – festival de chanson hors-format et d’arts visuels en pleine nature –, l’ « atelier européen Grundtvig » guidés par le seul thème « Faire tout avec rien » ainsi que Marie-Sophie Koulischer et Jérôme Piguet – artistes de Land Art, nous présente le résultat de deux semaines de création le long du chemin qui mène du Saix à la Ferme du Faï, haut-lieu du festival.

Une balade commentée des œuvres a suivi une première découverte, à la nuit tombée et en musique et lumière de celles-ci. Au rythme des créations qui émaillent désormais le chemin, nous suivrons ici l’ordre de cette marche diurne, de l’œuvre collective du village du Saix au Théâtre de Verdure du Faï.

TEODORA, Roumanie

IMG_1211

Vos racines vous suivent comme votre ombre

D’où que l’on vienne, nos origines sont nos racines. Où que l’on aille, elles nous suivent. On ne peut les faire disparaître. On peut, par contre, en créer de nouvelles.

JUDITH, Hollande

La mousseIMG_1222

Quand j’ai commencé à travailler, je ne savais pas par où commencer. Les montagnes, la vallée, tout est incroyablement beau. Comment est-ce possible d’ajouter quelque chose à ces créations de la nature ? Cela me semblait impossible. Mais en me promenant dans la montagne, j’ai peu à peu découvert cet endroit et je me le suis approprié. Je devais trouver un endroit où déposer un peu de moi. Pour moi, c’est un moyen de me connecter à mon environnement. Après avoir beaucoup pensé et écrit, j’ai réussi à mettre mes idées en ordre. J’ai principalement travaillé à mains nues pour être proche du matériau, de l’œuvre et de la nature. Dans mon travail, j’ai l’habitude d’utiliser des techniques auxquelles je ne suis pas familiarisée. Pour moi, c’est un moyen de ne pas me perdre dans les conventions. De cette manière, l’œuvre sera toujours plus sincère, plus honnête et plus réelle. Les obstacles et les combats menés contre la matière font partie du travail. Si je ne souffre pas autant que j’apprécie, ce n’est pas bon. Je veux simplement vous inviter à regarder, à regarder différemment encore et encore.

DAVID, Hongrie

IMG_1228Mon œuvre est née lorsque je suis allé me coucher dans la montagne. J’ai installé mon campement dans cette brèche. J’ai trouvé ma place facilement. J’ai su que je devais faire quelque chose avec cette partie de la montagne. J’ai passé des heures à réfléchir  et j’ai regardé cet endroit sous tous les angles. J’ai découvert une diagonale qui va de la montagne jusqu’à la vallée en passant sous la route. J’ai suivi cette ligne avec mes mains, j’ai dessiné dans l’air, mais rien n’est apparu. La montagne ne m’a rien dit. Puis je me suis allongé dans la brèche. J’y suis resté une demi-heure. J’ai senti un immense pouvoir autour de moi. J’ai regardé les animaux de la nature, les dessins dans la falaise et la géométrie de ma couchette. Et la montagne a entamé un dialogue avec moi. Je me suis senti angoissé et j’ai voulu m’extraire de ce lieu. Cette situation m’a fait penser à une des cartes du tarot Zen intitulée « angoisse », où un homme est représenté dans un tel état de souffrance que lui et son environnement ne peuvent le supporter. Les couleurs principales de cette carte sont brun, le noir, le blanc, le rouge, le jaune et le orange : toutes les couleurs que j’ai ici utilisé. C’est ce que la montagne m’a montré.

IMG_1226JAN, République Tchèque

La machine qui colore

Sur le chemin qui mène du Saix au Faï, j’ai été impressionné par l’environnement, par les rochers, le ruisseau en contrebas et son écoulement à travers la vallée. Je voulais mettre en lumière ces éléments en forçant le visiteur à les regarder activement. « La machine qui colore » a pour but de permettre au visiteur de regarder différemment  les anciennes ferrailles rouillées recouvertes de béton. Cet objet vous permet de voir la beauté des lieux au travers de différentes couleurs. Il peut même aller jusqu’à modifier notre vision grâce à de petits bouts de plastique placés devant nos yeux.

KLARA, République Tchèque

DSCN0967

photo MSK

En marchant sous le soleil brulant, j’ai remarqué une vieille plaque sur un pylône électrique. En toutes lettres est inscrit « danger de mort ». J’ai pris cela comme une double référence. La première, au paysage du sud de la France, si sec et tellement hostile qu’il est possible de mourir de déshydratation ou d’une chute des falaises. L’autre référence est celle de l’Ancien Testament. Ici, le spectateur est confronté à un choix. Il peut ou non prendre les pommes et faire son propre choix. La question est de savoir dans quelle mesure avons-nous le choix. Lorsque quelqu’un nous dit que c’est bon pour nous ou mauvais pour nous, pouvons-nous choisir librement ? De quelle manière sommes-nous affectées par les informations que l’on nous transmet ?

 

SNIEDZE, LettonieIMG_1240

Montagnes

Le Faï est au milieu des montagnes. Elles l’entourent et lui donne de la force. Pour moi, ce fut une expérience très personnelle. Mon travail a été détruit plusieurs fois, créer ici n’a pas été seulement crevant, mais aussi douloureux. Je suis tombée plusieurs, me suis écorchée les genoux. J’ai saigné sur les pierres. J’ai tout donné pour qu’il soit complet. Comme nous faisons tous au Faï.

 

ELA, Allemagne

DSCN0961

photo MSK

Regardez les montagnes en haut. Pouvez-vous voir le mouvement des pierres créé par l’eau ? Cette matière s’est pressée contre les rochers massifs grâce au poids de l’océan. Et maintenant, regardez en bas vers cette profonde vallée. Celle-ci est également l’œuvre de l’eau. Un courant immémorial s’écoule ici et a creusé son chemin dans la roche. Depuis la nuit des temps, l’eau coule jusqu’à l’océan. Pouvez-vous imaginer la force de l’eau ? Dans la montagne, il y a une source qui nourrit chaque jour, chaque nuit, chaque seconde la crique d’eau. Sans fin, toujours et toujours. Comme un « perpeduum mobile ». Mais regardez en bas la crique. Tout est déjà disparu. Asséché ! Où est l’eau ? Qu’arrivera-t-il au paysage de cette vallée si ce courant vital disparaît ?

 

ABDULLAH, ChypreIMG_1244

Le cheval

Ce cheval nous parle de la liberté, de la difficulté que nous avons de briser nos chaînes, de transcender notre égo pour surmonter nos peurs. Malgré les années d’histoires de nos pays, nous ne faisons que passer. Quand j’essaye de me représenter ce qu’est un cheval, je l’imagine libre dans un champ, ses muscles puissants se mouvant au rythme de sa course. Mais ici, mon cheval n’est pas libre, il est emprisonné par les pierres, bloqué. Telle une métaphore de la société, il n’avance plus. C’est à nous de tenter de briser nos chaînes, de nous dépêtrer de notre enlisement. Pour retrouver notre liberté, nous devons sentir la joie de la pleine conscience : être soi-même et totalement présent au monde.

JAN, République Tchèque

DSCN0970

photo MSK

Cette sculpture en forme de nid représente la nature elle-même. Elle reprend la composition particulière du nid : une première couche de rochers, de pierres, une autre d’argile au centre et des branches qui en dépassent. Elle devient ainsi le parfait habitat des êtres vivants et de leurs transformations.

 

 

 

 

IMG_9772

photo Maria José Valenzuel

SERTUNÇ, Chypre

Le cavalier de la rivière

Chaque rivière rejoint la mer,

En ruisseau ou en pluie.

Dans la vie il y a des obstacles

Tu as été jeune, mais maintenant tu as vieilli

Tu es sans doute blessé, cassé comme le vélo.

Mais un jour quelqu’un va venir

Et te traitera bien, te repaireras

Te donneras de l’amour

Et tu seras prêt pour une nouvelle balade à vélo

Un voyage vers tes rêves

Vers un monde nouveau

Chevauche le vélo du torrent

Et suit le courant,

En pluie ou en ruisseau

Chaque rivière rejoint la mer.

RISTO, Finlande

IMG_1248Le Shaman

Le shaman transmet aux élèves qui le suivent son éternelle sagesse, la connaissance de l’unité qui existe entre les hommes, la nature et l’univers entier.

 

 

IMG_1252OVIDIO, Roumanie

Rubic’s Cube

Le Rubic’s cube représente nos vies. Les différentes couleurs incarnent les changements qui se produisent dans nos existences. Dans la nature tout est changeant, tout se transforme. A chaque moment, à chaque saison les lieux et les choses disparaissent et renaissent. Nous devons décider quelles couleurs mettre dans nos vies. Quoi qu’il arrive il faut choisir, sinon tout deviendra gris.

SILVIA, Italie

IMG_6878

photo Maria José Valenzuela

La lampe des papillons

Quand je suis arrivée au Faï, je n’avais pas une idée précise de ce qui allait se passer, mais après une première découverte du territoire, j’ai noté une présence significative des papillons qui m’a beaucoup inspirée.

Les papillons et la présence des câbles électriques juste à côté de là où je me trouvais m’ont inspiré ce projet qui est né petit à petit. Les câbles électriques m’ont fait penser à l’énergie, au soleil, à la lumière d’où l’idée de construire une lampe. Les papillons, qui sont des créatures à l’existence très brève, m’ont inspirée la construction faite de matériel éphémère comme la paille. Le grand papillon mis sur la lampe a une signification un peu shamanique et veut représenter l’esprit qui vole dans la nature.

 

IMG_1256JAN, République Tchèque

Le costume d’astronaute

Ce costume d’astronaute vous permet de détacher votre regard du sentier et de voir la vallée et les falaises en étant pleinement concentré. Vous pouvez alors prendre mentalement une photo et l’inscrire dans votre mémoire pour aujourd’hui ou pour toujours. Grâce au fil élastique retenant le casque, une partie de votre poids est supportée par l’arbre. Vous pouvez ainsi vous sentir comme un astronaute qui vient d’atterrir sur la lune et  qui regarde le paysage pour la première fois. Mais faîtes attention : N’essayez pas de marcher avec. Votre premier pas pourrait être plus grand que vous ne pensez. L’appareil n’est pas fait pour supporter le poids entier d’un être humain.

TEODORA, Roumanie

IMG_6857

photo Maria José Valenzuela

 

 

 

 

 

 

 

ABDULLAH, Chypre

La Chèvre

Le principe de ces ateliers était de créer à partir de rien. Sur le chemin, j’ai trouvé ce morceau de bois qui m’a fait penser à une chèvre. Puis je me suis servi de cette excuse pour me balader dans la nature. Cette création m’a servi de prétexte à la découverte du domaine.

KATA et JANA, République Tchèque

DSCN0951

photo MSK

La légende de Chunacek

Il était une fois deux aliens un peu fous qui décidèrent de venir au Faï car ils savaient que d’autres aliens étaient déjà venus. Lors de leur voyage ils furent si impressionnés par la beauté du paysage qu’ils perdirent le contrôle de leur soucoupe volante en bulle de chewing-gum. Celle-ci alla s’écraser contre la falaise. Ils décidèrent alors de construire quelque chose pour protéger toutes les bulles volantes de tous les aliens venus au Faï. Quoi de mieux qu’une bulle pour protéger des bulles ? Ils choisirent donc cette forme. Pour construire cela, ils avaient besoin d’un bois costaud et malléable à la fois. Pour les fenêtres, ils utilisèrent des lentilles spéciales importées de leur planète d’origine. Ces lentilles appelées « Tche-que », détenaient le pouvoir magique de révéler au terriens la beauté de l’univers. Ils travaillèrent dur, dur et encore plus dur. Lorsqu’ils furent fatigués, ils s’allongèrent dans la prairie et d’un coup ils réalisèrent que seul l’herbe de ce champ pourraient protéger leurs bulles. Au même moment, une odeur enivrante se fit sentir et ils surent qu’ils avaient besoin d’un mélange d’herbes, de plantes et de fleurs pour captiver vos sens et vous amener à vous asseoir dans leur bulle magique. Venez donc, entrez donc dans cet espace et laissez vos sens vous emmener dans un voyage vers la vie.

photo Maria José Valenzuela

photo Maria José Valenzuela

MARIA, Espagne

Fenêtre sur la nature

Quand on a fait le chemin pour chercher l’endroit de notre création, il y avait un arbre dont le tronc se divisait en deux. Quand je l’ai vu, je me suis dit : « c’est là ! ». C’est ce qui m’a appelé à ce lieu. C’est une fenêtre ouverte sur la nature. Mon œuvre pousse les gens à prendre le temps de regarder la nature. Les visages écorchés représentent la structure même de la nature, une structure qui lui est propre et qui est nécessaire au développement de l’environnement.

PAVLINA, République Tchèque

IMG_6875

photo Maria José Valenzuela

Pour créer cette effrayante forêt, j’ai été inspirée par le mystère de cet endroit. Un groupe de trois arbres m’a particulièrement captivée. Ils m’ont fait penser au spectre de la peur, le Bogeyman – un être mythologique.

La statue en face des arbres représente une petite fille qui s’échappe de l’effrayante forêt. Mais il peut également s’agir de Bogeyman lui-même qui tente de fuir et de se jeter sur vous. Chauve-souris et araignées viennent compléter le tableau. Elles volent et rampent jusqu’à vous.

 

KLARA, République Tchèque

Relation entre les hêtres

Les hêtres sont mes arbres préférés. En connectant les hêtres avec des morceaux de laine, je tente de mettre en lumière leur communication. L’idée est de permettre aux visiteurs de visualiser les liens qui existent entre les hêtres, de montrer leurs relations possibles : l’amour, la haine, de petites conversations, une cohésion tribale…Toutes ces informations que l’on peut imaginer, mais que l’on ne peut distinguer à l’œil nu.

 

…MAIS NOUS POUSSONS TOUS SOUS LE MÊME SOLEIL!”

[Propos recueillis et traduits en français par Géraldine Piguet- édition : Agnès André]

Et l’orgue de barde a ri ~ par notre experte en musicologie

In Concerts, Mise en bouche on July 29, 2013 at 6:21 pm
Deux barbus à biceps attelés à leurs machines à faire danser les cours de châteaux

Deux barbus à biceps attelés à leurs machines à faire danser les cours de châteaux

Un nouveau concept est arrivé au FestiFaï cette année : l’after à l’orgue de Barbarie ! Il faut dire que c’est l’instrument idéal pour faire chanter et enchanter l’assistance, qui plus est si Séranne et ses acolytes illuminés lui ont préalablement ravie les oreilles.
Rassurez-vous chers lecteurs, il ne s’agit pas d’un instrument de torture mais bien d’un instrument de musique qui, malgré les apparences, est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît. L’orguiste (et pas l’orgasme, je vous vois venir avec vos idées mal placées) doit être de préférence barbu et avoir des biceps d’acier (indispensable !). C’est qu’il faut la tourner la manivelle pendant toutes ces chansons ! Le mouvement de rotation effectué par le barbu permet non seulement de dérouler le papier à musique mais également d’activer une soufflerie. Et lorsque l’air ainsi créé vient se loger dans les trous de papier, cela induit un phénomène de dépression qui va lui-même soulever une soupape, laissant l’air s’échapper par un biseau. Et la note est jouée ! L’audience n’a plus qu’à s’égosiller gaiement sur des chansons française de tout poil ou à se lancer dans une valse endiablée entre deux verres de jus de pomme. C’est ce qu’on appelle une soirée réussie !

[par Marie Calvet]

Festin de fous à Montmaur: « On était plein d’amour, il nous a glacé le cœur ! »

In Concerts on July 29, 2013 at 8:28 am

IMG_1072

Comment, entends-je s’offusquer dans les rangs, mais qu’est-ce donc que ces journalistes qui n’ouvrent pas leurs mirettes et déplument l’information et l’émotion? HOrS-foRmAt étant d’humeur joueuse aujourd’hui, eh bien il s’amuse. Ainsi avons-nous choisi comme titre la réaction de ma voisine (dont le pied a battu la mesure de bout en bout et frénétiquement sur le sol lustré du château) à l’annonce pré-concert du « Châtelain » – qui fut plus aride que riante en effet-…

Prémisses du banquet: dans les Hautes-Alpes on aime la vie de château!

Prémisses du banquet: dans les Hautes-Alpes on aime la vie de château!

Gilbert Gandil: saisissante guitare

Gilbert Gandil: saisissante guitare

« C’était excellent, la salle était chauffée à bloc, tout l’monde était scotché »

On espère d’ailleurs que personne n’est tombé malade du brusque changement de température qui opéra soudainement à l’arrivée de vibrations orchestrées par Serge Folie et Mickaël Paquier – le tout nouveau batteur cachant des cris sauvages sous son veston de velours…

« On s’est trouvé avec Mickaël, on a la même respiration. Quand on démarre un cycle on est toujours à la fin du cycle ensemble. On est donc prêts à repartir sans se regarder, et ça c’est super. »  (Serge Folie)

 

 

Mickaël Paquier: le rythme est dans le toucher

Mickaël Paquier: le rythme est dans le toucher

« On s’est régalé » : ne jamais parler la bouche pleine

Et pour le reste, en fait, Hf aimerait bien ne rien dire. Il a l’impression que ce n’est que bavardage, bavardage incessant, des mots qui ne servent à rien, qui se greffent à la beauté de l’instant comme les énormes perles colliés au cou de la spectatrice qui regarde le tout d’un air hautement silencieux, deux rangs derrière. Et on aimerait bien prendre des photos de ces ombres entre les mains joueuses de Jean-Michel Pillone, mais on ose pas : on a pas l’temps, on a le cœur qui bat.

En fait Hf va tout de même dire un mot, un seul : mouvement. Mouvement, avec un grand « aime ». Mouvement du corps de l’âme de tout. Mouvement: I was moved by the performance. Comme quoi, l’anglais même pour parler de chanson française, ça peut être parfois utile : le mouvement chez nos voisins d’Outre-Manche, il n’est pas que physique, il est également ’é-motion.

Ensuite je n’ai plus rien à dire. Tout ce qu’il y a à dire revient à ce mot. Mieux vaut taire alors. Mieux vaut taire (ou traire selon Monica qui vend ses ticket de la Grande Loteria  en toutes circonstances.)

Monica: insaisissable

Monica: insaisissable 

Mouvement ! Toucher de peau, le rythme effleuré.

Mouvement ! Jouissance de vibrations des mots du son.

Mouvement !

Mouvement ! Visage brossé à la couleur.

Mouvement ! Le rouge de sa robe, envolé.

Mouvement !

Mouvement ! Achever sur les voix d’un public qui semble du même coup s’applaudir!

Et se mouvant enfin vers la sortie, ce sont deux ogres – orgues pardon – de Barbarie qui nous accueillent : irrigués au jus, l’ivresse des pommes des Hauteuh zalpes du Sud (encore elles) fait chanter et danser convives jusqu’à pas d’heure…

« Le temps, le temps n’est pas dans le cadran mais dans ton cœur qui bat »

 

 

 

IMG_1047

Séranne avant/après :

« Ce n’est plus Philippe tout seul, il y a aussi un piano, un batteur, un guitariste…ça met en valeur ses chansons. Et puis il y a une mise en scène pensée, des choses simples mais qui fonctionnent, comme l’utilisation de l’allée centrale. Et ses chansons.. j’ai trouvé qu’il y avait un bon équilibre entre ambiances intimistes et ambiances punchy. » (Luc)

« Je connaissais la version Philippe tout seul et là j’ai découvert un tout nouveau Philippe. Il y a des trucs que j’ai beaucoup aimé, d’autres moins, bon je en sais pas si je suis très objective… mais on sent qu’entre le texte et la musique il y a vraiment des choses qui sont en train de se tisser ». (Marie F.)

« Alors là les gars, chapeau ! Franchement c’est bluffant. J’avais vu Philippe au spectacle tout seul avec Pierre Henri, et là ça prend tout de suite une autre dimension. C’est extrêmement riche…piano, percus…c’est exceptionnel ! (spectateur inconnu et conquis)

Toute l'équipe: Johan au dessin, Serge au piano, Mickaël aux percus, Gilbert aux guitare...et Séranne !

Toute l’équipe: Johan au dessin, Serge au piano, Mickaël aux percus, Gilbert aux guitare…et Séranne !

Et il n’ y a pas qu’HOrS-foRmAt qui le pense:

“Vibration profonde, voyage entre rêve et réalité. Nous étions quatre et nous avons suivi ”le Fou”. Merci pour cette soirée magique avec Séranne & cie. […] Nous sommes tellement heureux que ce FestiFaï existe, tout près de nous.” Chantal

IMG_0968bis

Francesca, volontaire long terme, à la déco avec Lionel, Christi, Eva et Agnès

IMG_0974IMG_0994

Invitation à la ballade: écriture de chansons avec Olivier l’Hôte

In Ateliers on July 29, 2013 at 8:14 am
David et Mathieu en plein concours de grimace entre deux vers!

David et Mathieu en plein concours de grimace entre deux vers!

 

« Hôtez-nous d’un doute Olivier : par quoi commençons-nous ?

Texte ou musique là est la question… »

Et le voilà qui répond :

« Mais point du tout

Ça partira d’une improvisation

De toute façon !

Ecoutez-donc Brassens

Mon demi-dieu, ce grand prince »:

en réalité je n’écris pas pour dire quelque chose, je pars avec une vague idée et puis je trouve les mots et puis des mots me suggèrent des idées lesquelles m’amènent d’autres mots 

« Nous voilà bien marri,

qu’on lui dit

C’est le serpent qui s’mord la langue

Un méchant effet boomerang »

Et lui de répliquer :

« Partez donc d’un mot, d’une mélodie

Tirez le fil, dévidez-vous.

Texte ou musique, c’est pas sorcier

Il vous faut surtout trouver l’alchimie :

Deux, trois notes qu’on développe

Compter syllabes, remplir vers

Que les mots sonnent sans flop

Pour qu’entre deux p’tits verres, s’envole l’air !

****

En seulement 6h d’atelier, les dix participants,âgés de 8 à 48 ans, ont créé deux chansons entièrement  originales, de la mélodie à ses pieds! Résultat saluable, d’autant plus que quatre d’entre eux ne maîtrisaient pas le français comme langue maternelle (Italie, Macédoine, Espagne, Hongrie). Cinq de ces chansonniers en herbe ont ensuite chanté en compagnie d’Olivier l’Hôte au Café-chanson du vendredi 26 juillet, leurs œuvres “Syllabie” et Tango.

 

Découverte macabre dans les boix: on reste sans voix!

In Ateliers on July 29, 2013 at 7:50 am
Corps dans les bois...

Corps dans les bois…

 

Ahah je vous y prends sur le fait, lecteur avide de faits sordides ! Eh bien vous allez être déçu nyarknyarknyark *rire sataniquement diabolique*, car voici la suite…

 IMG_1099

…Me voici donc seule sur le chemin, la caresse des rayons de l’astre du jour sur ma peau, le souffle infini et liquide de la rivière en contrebas s’harmonisant à mon souffle intérieur : j’herborise dans le petit matin qui se lève doucement, tout un monde végétal me salue, craquement des feuilles sous mes pas que j’essaye de faire le plus léger possible, quand soudain…des pieds, des mains, de l’humain !

IMG_1122IMG_1124

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lieu du crime, lieu du délit ? En fait, plutôt lieu de polyphonies…C’est entre arbres et rochers mousseux, que Marie Freyssinet installe ses polyphonambulistes stagiaires, corps allongés, détendus (et sans défenses nyeknyeknyek)…

Hf : C’est bien tranquille ici…

Une stagiaire : Ah oui, on en ferait presque une sieste !

Hf : Mais dîtes-moi ce n’est pas un stage de chant ici?!

La même stagiaire : Ah mais c’est la préparation au chant. Le corps a aussi besoin de se préparer. C’est comme pour les sportifs.

Hf : Tiens donc, sportif le chant ?!  

La chanteuse amatrice ou plutôt l’amatrice de chant (parce que « stagiaire » c’est moche) : Oui, il n’y a pas que la tête qui chante, mais tout le corps. S’il n’y avait que la tête, on n’aurait rien au niveau de la voix!

 

IMG_1121

Eh oui: sportif, on vous dit!

 

Les polyphonambulistes de Marie Fressynet ont présenté leurs chants au très réussi Café-chanson du vendredi 26 juillet. Certains ont également en-chanté la déambulation nocturne le long des œuvres Land Art réalisées par l’atelier européen Grundtvig,  quand d’autres ont formé les chœurs du non moins réussi spectacle – “Sus à la FestiFaïllite”- ce samedi 27 juillet dernier.

[Un grand merci à Jean-Jacques (Rousseau), auteur d’un livre particulièrement ennuyeux mais – dans un tout autre style – aussi inspirant que Closer (Hf assume totalement cette hasardeuse comparaison)]

Edition spéciale: un cannibale sévit dans les Hautes-Alpes

In Concerts on July 26, 2013 at 1:33 am
Ca balance: 1, 2, 3 violette à bicyclette pouet pouet...excellent!

Ca balance: 1, 2, 3 violette à bicyclette pouet pouet…excellent!

Les concerts défilent et ne se ressemblent pas : on n’aurait pu trouver plus grand contraste que Didier Odieu après une soirée pleine d’élan menée par Jean-Luc Schwartz, lumineux, lors de l’inauguration… Odieu, « chanteur dépressif et sinistre » collaborant de son plein gré à « une morosité générale savamment entretenue par nos autorités» tel qu’il se plaisante, nous entraîne dans un tout autre registre chansonnier. L’ancien rock-punkeur écartèle en effet, démembre, coupe dans la masse à la tronçonneuse de sa voix de garage raclant toute l’ignominie de l’humain lambda qu’il nous présente sans cloche sur un plateau, du show-business, société de consommation et de compétition à nos amours, tout y passe et ce n’est pas sans douleur! La chanson française elle-même passe à la moulinette du grand méchant Didier pour qui celle-ci s’enracine à l’origine dans une joyeuse tradition du sordide, quand elle n’est pas tout simplement carrément absurde (écouter Michel Delpèch ou tout autre chanteur de variété pour s’en convaincre)…

« Fouill[ant] la beauté des poubelles », ordures qui composent selon lui une bonne partie du chaos de notre monde actuel – émeutes à la consommation aux States, bébés congelés ou autres chiens humanivores, des faits divers qu’il me détaille un à un en pleine digestion –, Didier ne chante pas vraiment, je dirais plutôt qu’il contraste, accolant dans son Minimix de la chanson française « Que je t’aime » à « c’est la danse des canards », déblatérant des paroles ignobles sur une mélodie des plus harmonieuses, inachevant ses chansons façon disque rayé.

Mais il faut croire que la soupe qui passe dans nos oreilles et nos mirettes via nos charmants medias nous a quelque peu ramollit les viscères car finalement ce n’est pas si loin d’une bonne petite épopée : « Roland sent bien que sa mort est proche:/ sa cervelle sort par les oreilles. » fredonne-t-on dans La Chanson de Roland

« Gainsbourg industriel, Chamfort traumatisé ou Brel destroy ? Didier Odieu est surtout Odieu «  l’avions-nous décrit…erreur fatale : Didier Odieu est tout ça à la fois jusqu’à ne plus en savoir qui il est lui-même, la preuve:

« tout ma vie j’ai rêvé d’être une hôtesse de l’air »

L’Odieu personnage – oui, il personnage et pas qu’un seul, ç’en est presque effrayant de voir débarquer sur scène sous la même apparence tant de monde, « un mec au piano tout seul pendant une heure, c’est chiant » confesse le coupable. Un Dr Jekyll et Mr Hyde tentaculaire !

Alors certes, les uns trouvent ça indigeste quand d‘autres se délectent, mais on ne niera pas que cela est pour le moins consistant !

A tous bon appétit. Amen (et n’oubliez pas votre prière avant le repas)…

 

A table, ça va faner!

In Mise en bouche on July 25, 2013 at 7:32 am
Inspection des cuisines!

Inspection des cuisines!

Depuis plus d’une semaine à présent, l’amarante une plante fort espiègle, taquine de la casserole dans les cuisines du Faï quand d’autres s’amusent d’une guitare ou d’une souche de bois…

IMG_0748

en pleine création de chanson: Ser à la guitare

 

 

 

 

 

 

 

 

 

...en création Land Art: Ser est avant tout un des plasticiens du festival!

…le même en pleine création d’œuvre “naturelle” avec les plasticiens dont il fait parti

 

en pleine création de sauce à lasagnes: Ser au couteau

….et aussi en pleine création de sauce à lasagnes: Ser au couteau!Au faï on est polyvalent ou on n’est pas!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’amarante ? Mais qu’est-ce donc que cette au plante au nom qui nous fait doucement rire ?

L’amarante c’est surtout une plante qui résiste encore et toujours aux envahisseurs (Monsanto entre autre), une belle plante qui cuisine le monde sourire à la langue, Anne-Marie grande manitou d’une « cuisine bio-créative pour papilles libres » !

Bio ET végétarienne : depuis que son mouton préféré a été changé en méchoui lors d’un mariage corse, Anne-Marie n’accepte les chèvres en cuisine que si elles sont vivantes ! Des lardons discount au soja déshydraté biologique, le choc a été rude pour certains….

« c’est bon, mais on aimerait bien un peu de viande quand même…» Philippe du chantier d’insertion, à l’agonie

La consistance de la viande de soja n'est pas du goût de tout l'monde: Eva mangeant son poulet en douce

Eva,la peur au ventre qu’Anne-Marie ne la découvre mangeant du poulet au lieu du “boeuf bourguignon de soja”

Murielle et Anne-Marie discutant sur la consistance de la viande de soja. François au détour d’une réplique : « ah ouais, ça c’est un bon truc pour aider les végétariens à devenir carnivores !»

Et puis le bio, ça a un coût paraît-il. Même si la Ferme du Faï dispose d’un jardin, et de quelques producteurs locaux et/ou biologiques, l’organisation d’un lieu disposant d’un budget réduit pour un accueil qui peut aller jusqu’à cinquante personnes nécessite un peu de temps : « On essaye de petit à petit privilégier les producteurs locaux… c’est vrai qu’à Vaunières [l’autre site de Villages des Jeunes accueillant des chantiers volontaires] ils ont déjà passés ce cap. Il faut simplement le temps de pouvoir mettre en place une telle organisation », explique Luc en charge de l’accueil. « On a déjà réduit la consommation de viande à 1fois tous les deux jours, poursuit Jean-Michel responsable du lieu, pour produire 1kg de viande, il faut 13500L d’eau. Réduire la consommation est aussi un moyen de contrôler nos dépenses d’eau générales ».

Mais même sans viande, il y a toujours du « neuf » dans l’assiette de l’Amarante: « je puise mon inspiration dans des livres » (comme quoi, cet amas de papier et d’encre est parfois encore fort utile en nos temps virtuelo-technologiques), et peut-être également de son éclectisme… Véritable pieuvre des mers méditerranéennes, Anne-Marie connaît ses gammes chromatiques de teintes pour cheveux par cœur, tout autant que l’art des massages et de la mozaïque. Tant qu’il s’agit de créer….et de prendre soin du corps : « Je soigne par l’alimentation, chaque aliment possède des vertus. Le curcuma, mon épice préférée a par exemple des vertus anti-inflammatoires ».

Persil cueilli par Sébastien, maître du jardin

Persil cueilli par Sébastien, maître du jardin

???????????????????????????????

Le fameux “bœuf bourguignon de soja” comme l’ont appelé les carnassiers du Faï

Le carrot cake

…et le carrot cake pour dessert

Impossible enfin de vous donner une recette précise, elle ne suit jamais à la recette ce qu’on lui dit. Un « carrot cake » au fromage frais et aux noix se retrouve subitement « carrot cake » à la crème de soja et aux amandes sans aucun problèmes à l’arrivée si ce n’est la cuisson : en cuisine, il n’y a pas que la recette ou les ingrédients qui importent mais aussi les outils : le four du Faï qui chauffe environ à la même vitesse que l’escargot qui s’échappe de la feuille de salade d’Hf (on a dit 100% naturel ici !) ne semble pas vraiment satisfaire les besoins de l’Amarante (mais rassurez-vous on arrive à les manger gâteaux au chocolat et à l’abricot, lasagnes et gratins, j’en passe et des meilleures !).

 

Ser à Kate, végétarienne: It must be the paradise for you here, isn’t it?

Kate: yeees, I want her to come with me after the workshop!

Ser: yes, for me too it’s paradise although I’m not vegetarian. I want her to come to Cyprus too! We could share her…?

Kate: But who will pay the flight ticket between Cyprus and Czech Republic?

Anne-Marie concoctera entre autres le repas de ce samedi 27 prochain. Libération des papilles !

…Des noms étranges venus d’ailleurs…

Gomasio : sésame toasté et sel

Azuki : légume sec, petit haricot rouge

Arrow-root : extrait de racine d’un légume sauvage, la Maranta (encore une tiens !), utilisé comme épaississant

Shoyu : sauce soja et blé

Tamari : sauce 100% soja, sans gluten

Tahin : purée de sésame

Chanvre : en graines, toasté, pour les salades

IMG_0614

L’Amarante et Francesca réalisant des panisses, petites galettes de farine de pois chiches frites, originaire du Sud (Nice)

Murielle et la chèvre dont le véritable nom restera à tout jamais inconnu secondent Anne-Marie

Murielle et la chèvre – dont le véritable nom restera à tout jamais inconnu! – secondant Anne-Marie au soleil

Détournement de pianos: le coupable pris sur le fait

In Entre-vues on July 24, 2013 at 3:44 pm

Alors que Hf se trouve en plein reportage à l’Auberge de la Tour, la voilà qui tombe brutalement sur Voël Martin, café à la main, supervisant de loin les techniciens affairés…

 

Comment t’es venue l’idée de détourner des pianos et de les mettre dans des situations pas possibles ?

Je faisais du piano chez moi, et j’avais le vieux piano de mes parents qui traînait dans un garage. Un jour, je l’ai amené à Aix en Provence et on a commencé à faire la manche dessus, j’ai donc appris les techniques pour déplacer un piano droit. Puis on a voulu passer sur un piano à queue, on l’a mis dans la rue…alors c’est compliqué à transporter un piano à queue : il faut le basculer, le mettre sur un chariot, il faut enlever les pieds et la lyre [ici : ce qui tient les pédales], puis il faut le rebasculer, remettre les pieds, remettre la lyre. Et là, on nous a directement demandé de nous déplacer : les forces de l’ordre nous ont dit que ce n’était pas possible de jouer à cet endroit avec ce fameux piano à queue. On était donc 10 à le porter et à le déplacer de 100 mètres pour jouer tranquillement. Du coup, on a essayé de trouver des solutions plus simples pour le déplacer : on l’a mis sur roues. Puis ensuite on a voulu faire des concerts dans les arbres, puis sur l’eau. A chaque fois, c’est parce que l’on trouvait des lieux incroyables qui nous plaisaient énormément.

Hf : Donc cette idée est plutôt née à partir des lieux que vous avez rencontrés ?

Oui à partir des lieux, mais aussi à partir de cette idée de sortir de la salle de concert où viennent uniquement des “gens de bonne famille”, pour les mettre dans des lieux où tout le monde passe et où tout le monde a envie de jouer sur ce piano.

Hf : Et vous avez encore des idées de détournement de piano ?

L’année prochaine on va jouer au fond d’une piscine avec un piano. Et on prépare aussi un piano qui fait des massages, chaque note étant reliée à une petite boule qui masse. En principe ça ne sera que massage de crâne mais selon la musique jouée, cela fera un massage particulier..

Hf: Intéressant…J’ai hâte!

[propos recueillis par HOrS-foRmAt appréciant fort la vie de château de l’auberge]